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Cataracte

Implants de cataracte : lequel choisir ?

L'implant de cataracte est un cristallin artificiel, souple et transparent, posé dans l'œil pendant l'opération pour remplacer le cristallin devenu opaque. Il existe quatre grandes familles : monofocal, torique, multifocal et à profondeur de champ étendue (EDOF). Le choix dépend de vos yeux et de vos habitudes. Il se fait en consultation, avec votre chirurgien.

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Paris 14e
Trois sculptures de verre sur des socles en terre cuite, création IA.

Mis à jour le · Relecture médicale : Dr Salomé Egri et Dr Fabien Rouimi

L'essentiel

  • Sans implant, l'œil opéré ne pourrait plus faire la mise au point : l'implant reprend le rôle optique du cristallin retiré (SFO).
  • L'implant monofocal est le plus utilisé. Il donne une vision nette à une seule distance, le plus souvent de loin, avec des lunettes pour lire (AAO, Assurance Maladie).
  • L'implant torique corrige en plus tout ou partie de l'astigmatisme.
  • Les implants multifocaux et EDOF visent à réduire le besoin de lunettes. En contrepartie, ils donnent plus souvent des halos et un éblouissement la nuit (Cochrane).
  • Aucun implant ne garantit de vivre sans lunettes. La SFO l'écrit : il n'est pas possible de garantir la correction de tous vos défauts de vision.
  • Les implants toriques et multifocaux coûtent plus cher que les monofocaux (Assurance Maladie). Un devis vous est remis avant l'opération.

Pourquoi pose-t-on un implant lors de l'opération de la cataracte ?

Le cristallin est la lentille naturelle de l'œil. Il fait converger la lumière sur la rétine (la membrane du fond de l'œil qui capte les images). Quand il devient opaque, c'est la cataracte. L'opération consiste à retirer le contenu du cristallin en conservant son enveloppe, appelée capsule ou « sac ». Sans lentille de remplacement, l'œil verrait très flou, comme un appareil photo sans objectif.

Le chirurgien glisse donc dans ce sac un cristallin artificiel, l'implant, « capable de compenser le rôle optique du cristallin naturel », écrit la Société Française d'Ophtalmologie (SFO). Selon l'Académie américaine d'ophtalmologie (AAO), la plupart des implants sont en acrylique ou en silicone, et ils filtrent les rayons ultraviolets. L'implant est souple : il entre plié par une incision d'environ 2 millimètres, puis se déplie. Vous ne le sentez pas et il ne se voit pas.

Chaque implant a une puissance, comme un verre de lunettes. Elle est calculée pour votre œil. L'opération peut donc corriger au passage une myopie ou une hypermétropie ancienne. Le déroulé complet de l'intervention est décrit sur la page chirurgie de la cataracte à Paris : nous n'y revenons pas ici.

Quels sont les différents types d'implants de cataracte ?

Les implants se classent en quatre grandes familles. Cette page les décrit de façon générale, d'après les sociétés savantes et les autorités de santé. Elle ne cite aucune marque. Les implants adaptés à votre cas vous sont présentés en consultation.

L'implant monofocal : net à une seule distance

C'est l'implant le plus courant, indique l'AAO. Il a un seul foyer : il donne une image nette à une distance choisie à l'avance. La plupart des patients choisissent la vision de loin (conduire, regarder la télévision, reconnaître les visages). Des lunettes restent alors nécessaires pour lire, rappelle l'Assurance Maladie. Son optique est simple : c'est l'implant qui donne le moins d'effets lumineux gênants.

L'implant torique : pour l'astigmatisme

L'astigmatisme vient d'une cornée (le hublot transparent à l'avant de l'œil) plus bombée dans un sens que dans l'autre, un peu comme un ballon de rugby. L'image est déformée à toutes les distances. L'implant torique intègre une correction orientée selon un axe précis. Selon l'Assurance Maladie, il corrige tout ou partie de l'astigmatisme. L'AAO le conseille pour un astigmatisme moyen à fort.

Sa limite : il doit rester exactement dans le bon axe. Des hôpitaux du service public britannique (NHS) signalent un faible risque de rotation de l'implant après l'opération, qui peut demander un geste pour le repositionner. La version torique existe pour les implants monofocaux comme pour certains implants multifocaux ou EDOF.

L'implant multifocal : voir de loin et de près

L'implant multifocal comporte plusieurs zones de puissances différentes, un peu comme des verres progressifs. Il donne en même temps une image de loin et une image de près. Certains ajoutent la distance intermédiaire, celle de l'écran d'ordinateur : on parle d'implants trifocaux. Le cerveau apprend à choisir la bonne image.

Que disent les études ? La collaboration Cochrane a comparé implants multifocaux et monofocaux. De loin, la vision obtenue est équivalente. De près, elle est meilleure avec un implant multifocal, et les patients dépendent moins de leurs lunettes. En contrepartie, les halos autour des lumières sont environ 3,5 fois plus fréquents, et l'éblouissement est lui aussi plus fréquent. Ces effets se remarquent surtout la nuit, par exemple face aux phares.

L'implant EDOF : une profondeur de champ étendue

EDOF signifie « extended depth of focus », c'est-à-dire profondeur de champ étendue. Au lieu de créer plusieurs foyers séparés, l'implant étire un foyer unique. Selon l'AAO, il couvre la vision de loin et la vision intermédiaire : tableau de bord, écran, plan de travail. La vision de près fine, comme les petits caractères, est moins bonne qu'avec un implant trifocal. Des lunettes de lecture restent souvent utiles.

Des halos et un éblouissement sont possibles avec les implants EDOF comme avec les multifocaux, rappelle l'AAO. Dans les données comparatives publiées, les halos étaient rapportés moins souvent avec un implant EDOF qu'avec un implant trifocal, mais plus de patients gardaient des lunettes pour lire.

Et la « monovision » ?

Ce n'est pas un implant mais un réglage. Avec deux implants monofocaux, le chirurgien règle un œil pour le loin et l'autre pour le près. Le cerveau combine les deux. Tout le monde ne le supporte pas. L'AAO conseille de l'essayer d'abord avec des lentilles de contact.

La salle de consultation et ses équipements à Dumoncel Ophtalmologie.

Monofocal, torique, multifocal, EDOF : quelles différences ?

Comparaison générale des familles d'implants de cataracte (sources : SFO, Assurance Maladie, AAO, Cochrane). Ce tableau ne remplace pas l'avis de votre chirurgien.
Famille d'implantCe qu'il viseLunettes après l'opérationLimites à connaître
MonofocalUne vision nette à une seule distance, le plus souvent de loin.Oui pour lire, le plus souvent. Parfois une petite correction de loin.Ne corrige ni la presbytie ni un astigmatisme important.
ToriqueLa même chose, avec en plus la correction de tout ou partie de l'astigmatisme.Selon le modèle associé : monofocal, multifocal ou EDOF.Doit rester dans le bon axe. Faible risque de rotation. Coût plus élevé.
Multifocal (bifocal, trifocal)Voir de loin et de près, parfois aussi à distance intermédiaire.Moins souvent nécessaires, sans garantie.Halos et éblouissement plus fréquents, surtout la nuit. Ne convient pas à tous les yeux. Coût plus élevé.
EDOF (profondeur de champ étendue)Voir de loin et à distance intermédiaire, sans coupure.Souvent utiles pour la lecture fine.Halos possibles. Vision de près moins bonne qu'avec un trifocal. Ne convient pas à tous les yeux.

Aucune ligne de ce tableau n'est « la meilleure ». Un implant monofocal avec des lunettes de lecture donne une vision de très bonne qualité. Un implant multifocal apporte de la liberté au quotidien, au prix d'un compromis sur la vision de nuit. Tout dépend de ce qui compte pour vous.

Quel implant pour quel patient ?

La SFO résume le principe : le choix de l'implant est fondé sur vos besoins et vos habitudes visuelles, dans la limite des caractéristiques de vos yeux. Il y a donc deux séries de critères.

Vos habitudes de vie

  • Conduisez-vous souvent la nuit ? Les halos peuvent alors être gênants.
  • Lisez-vous beaucoup, faites-vous de la couture, du modélisme, du bricolage fin ?
  • Passez-vous vos journées devant un écran ?
  • Porter des lunettes vous dérange-t-il vraiment, ou seulement un peu ?
  • Votre métier ou vos loisirs exigent-ils une vision très précise : conduite professionnelle, travail de nuit, photographie ?

L'état de vos yeux

Les implants multifocaux et EDOF partagent la lumière entre plusieurs distances. Ils laissent donc un peu moins de lumière utile à chaque image. L'AAO les déconseille en cas de perte de vision due à un glaucome, à une DMLA ou à une autre maladie de l'œil. Dans ces situations, un implant monofocal est en général préféré. Une cornée irrégulière ou une sécheresse oculaire marquée comptent aussi dans la décision.

Si vous avez déjà été opéré de la vue au laser (LASIK, PKR), dites-le. La SFO précise que le calcul de l'implant est alors moins précis. Ce n'est pas un obstacle à l'opération, mais cela pèse sur le choix.

Comment se déroule le choix de l'implant, de la consultation aux lunettes ?

Le choix de l'implant n'est pas un rendez-vous à part. Il s'inscrit dans le parcours habituel de la chirurgie de la cataracte.

  1. La consultation. Le chirurgien confirme la cataracte, examine la cornée, la rétine et le nerf optique, et vous interroge sur vos habitudes.
  2. Les mesures de l'œil (biométrie). Un appareil mesure la longueur de votre œil et la courbure de votre cornée. Ces mesures servent à calculer la puissance de l'implant (AAO). L'examen est indolore.
  3. La discussion. Le chirurgien vous explique quelles familles d'implants conviennent à vos yeux, ce que vous pouvez en attendre et leurs limites. Vous recevez un devis.
  4. Le jour de l'opération. L'implant choisi est posé dans le sac du cristallin. Vous rentrez chez vous le jour même.
  5. Le second œil. Il est opéré quelques semaines plus tard le plus souvent. Le résultat du premier œil peut aider à affiner le calcul du second.
Calendrier indicatif de récupération visuelle après la pose d'un implant (sources : SFO, Assurance Maladie, NHS, AAO). Votre chirurgien l'adapte à votre cas.
MomentCe que vous pouvez constaterÀ savoir
Jour de l'opérationVision trouble, éblouissement : la pupille est encore dilatée.Ne jugez pas votre implant ce jour-là. Ne conduisez pas.
Premiers joursLa vue s'éclaircit en quelques heures à quelques jours. Les couleurs paraissent plus vives.La vision peut varier dans la journée. Un contrôle précoce est prévu, souvent dès le lendemain.
Premières semainesVision de plus en plus stable. Des halos sont possibles la nuit, surtout avec un implant multifocal ou EDOF.La cicatrisation peut modifier très légèrement la position de l'implant (SFO). Les collyres durent environ 4 semaines.
Vers 1 moisL'œil est cicatrisé : la guérison complète demande 4 à 6 semaines.Contrôle de la vue. Prescription de lunettes si nécessaire : pour lire avec un implant monofocal, parfois en appoint avec les autres.
Des mois ou des années plus tardSi la vue se voile à nouveau, il s'agit souvent d'une « cataracte secondaire » : le sac derrière l'implant s'opacifie. Environ un patient sur trois est concerné (SFO).L'implant n'est pas en cause. Une courte séance de laser YAG rétablit la vision, sans nouvelle opération.

Coque, gouttes, conduite, reprise du sport : les consignes pratiques sont réunies dans le guide après l'opération de la cataracte.

Le Dr Salomé Egri préparant ses instruments au bloc opératoire
Au bloc opératoire

Peut-on se passer de lunettes avec un implant ? Résultats et limites

C'est possible pour certains patients, mais personne ne peut le promettre. La SFO l'écrit dans la fiche remise avant l'opération : « Il n'est pas possible de vous garantir la correction de vos défauts de vision. » La cicatrisation des premières semaines peut déplacer très légèrement l'implant et laisser un petit défaut à corriger.

Le calcul de l'implant est précis, sans être parfait. Un hôpital du NHS indique que plus de 9 patients sur 10 obtiennent un résultat très proche de la correction visée. Pour les autres, une paire de lunettes suffit le plus souvent. Plus rarement, selon la SFO, une retouche au laser ou un changement d'implant peut être proposé.

  • Avec un implant monofocal réglé pour le loin : prévoyez des lunettes pour lire.
  • Avec un implant torique : l'astigmatisme est réduit, pas toujours supprimé.
  • Avec un implant multifocal ou EDOF : moins de lunettes, mais des halos possibles la nuit. Ils s'atténuent souvent avec le temps, sans que ce soit garanti. Si la gêne reste importante, parlez-en à votre chirurgien.

L'implant est conçu pour rester dans l'œil à vie. Il ne s'use pas et ne se change pas en routine. La SFO cite, parmi les complications rares, un déplacement de l'implant ou un mauvais vieillissement de sa matière, qui peuvent demander une prise en charge. Les risques de l'opération elle-même sont détaillés sur la page chirurgie de la cataracte.

Les implants de cataracte sont-ils remboursés ?

La chirurgie de la cataracte est prise en charge par l'Assurance Maladie. Pour les implants, ameli.fr donne une information claire : « les implants toriques et multifocaux ont un coût plus élevé que les implants monofocaux ». La HAS parle d'implants « premium » pour ceux qui corrigent en plus l'astigmatisme ou la presbytie. La différence de coût peut rester à votre charge ou être couverte, en partie ou en totalité, par votre complémentaire santé, selon votre contrat.

Nous n'affichons aucun prix ici : il dépend de l'implant retenu et de votre situation. Avant de signer votre accord, vous devez avoir reçu une information sur tous les coûts de l'opération, comme le prévoit la fiche de la SFO. Transmettez le devis à votre mutuelle avant de vous décider. Le fonctionnement du secteur 2 est expliqué sur la page honoraires et remboursement.

Comment parler du choix de l'implant chez Dumoncel Ophtalmologie ?

Chez Dumoncel Ophtalmologie, la chirurgie de la cataracte est réalisée par le Dr Salomé Egri et le Dr Fabien Rouimi. Le choix de l'implant se fait avec le chirurgien qui vous opère, en consultation, une fois vos yeux examinés et mesurés. Le Dr Egri décrit ainsi la façon de travailler du cabinet : prendre « le temps nécessaire pour le confort du patient ».

Les questions utiles à préparer

  • Quels implants sont adaptés à mes yeux, et lesquels ne le sont pas ? Pourquoi ?
  • Pour quelles activités aurai-je encore besoin de lunettes ?
  • Ai-je un astigmatisme qui mérite d'être corrigé par l'implant ?
  • Quels effets lumineux puis-je attendre la nuit ?
  • Quel est le coût de chaque option, et que rembourse ma mutuelle ?

Apportez vos lunettes actuelles, vos anciennes ordonnances et la liste de vos médicaments. Le cabinet est situé 28 rue Rémy Dumoncel, Paris 14e, et ouvert du lundi au samedi. Prenez rendez-vous sur Doctolib ou au 01 43 35 30 23. Toutes les informations d'accès sont sur la page contact.

Vos questions

Que souhaitez-vous savoir ?

L'implant de cataracte se change-t-il au bout de quelques années ?

Non. L'implant est conçu pour rester en place à vie et ne s'use pas. Si la vue se voile à nouveau des années plus tard, c'est le plus souvent le sac derrière l'implant qui s'est opacifié. Une courte séance de laser YAG suffit alors, sans toucher à l'implant. Le changement d'implant reste une situation rare.

Sent-on l'implant dans l'œil ?

Non. L'implant est placé à l'intérieur de l'œil, dans l'enveloppe du cristallin. Vous ne le sentez pas et il ne se voit pas de l'extérieur. Il ne demande aucun entretien.

Un implant multifocal permet-il de ne plus jamais porter de lunettes ?

Non, ce n'est pas garanti. Les études réunies par Cochrane montrent que les patients dépendent moins de leurs lunettes, pas qu'ils s'en passent tous. Des lunettes d'appoint peuvent rester utiles, par exemple pour les petits caractères ou la conduite de nuit.

Peut-on corriger l'astigmatisme pendant l'opération de la cataracte ?

Oui. L'implant torique est conçu pour cela : il corrige tout ou partie de l'astigmatisme en même temps que la cataracte (Assurance Maladie). Les mesures faites avant l'opération indiquent s'il est utile dans votre cas.

Peut-on avoir un implant différent dans chaque œil ?

Oui, c'est possible. Le chirurgien peut régler les deux yeux différemment, par exemple un œil pour le loin et l'autre pour le près : c'est la monovision. Tout le monde ne la supporte pas. Un essai préalable avec des lentilles de contact aide à le savoir, selon l'AAO.

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Sources médicales

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation. Seul un examen permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.

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