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Cornée

Ptérygion : causes, surveillance et opération

Le ptérygion est une excroissance bénigne de la conjonctive, la fine peau transparente qui recouvre le blanc de l'œil. Il forme un voile rosé, en triangle, qui avance lentement sur la cornée, le plus souvent du côté du nez. Favorisé par le soleil, il se surveille et se soulage par des larmes artificielles. S'il menace la vue, il s'opère.

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Paris 14e
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Mis à jour le · Relecture médicale : Dr Salomé Egri

L'essentiel

  • Le ptérygion est bénin : ce n'est pas un cancer. Il évolue lentement, souvent sur des années.
  • La pinguécula est une petite tache jaunâtre qui reste sur le blanc de l'œil. Le ptérygion, lui, avance sur la cornée : c'est toute la différence.
  • Les rayons ultraviolets (UV) du soleil sont la première cause. Des lunettes de soleil et un chapeau sont la meilleure prévention.
  • Les larmes artificielles calment l'irritation. Elles ne font pas disparaître le ptérygion.
  • L'opération se discute s'il avance vers le centre de la cornée, déforme la vue ou reste gênant malgré les collyres.
  • Le risque principal est la récidive. La greffe d'un fragment de votre propre conjonctive le réduit nettement. La chirurgie du ptérygion est réalisée par le Dr Salomé Egri.

Qu'est-ce qu'un ptérygion ?

Le blanc de l'œil est recouvert d'une membrane fine et transparente : la conjonctive. Devant l'iris se trouve la cornée, le hublot transparent par lequel entre la lumière. Normalement, la conjonctive s'arrête au bord de la cornée. Dans le ptérygion, elle s'épaissit, se charge de petits vaisseaux et déborde sur la cornée. On voit alors un voile rosé, en forme de triangle, dont la pointe se dirige vers la pupille.

Le mot vient du grec « pterygion », la petite aile : le voile en a la forme. Il se développe le plus souvent du côté du nez. Il peut toucher un œil ou les deux. On l'écrit parfois « pterygion » ou « ptérigion » : il s'agit de la même affection. Les Anglo-Saxons parlent d'« œil du surfeur », car il est fréquent chez les personnes très exposées au soleil et à la réverbération de l'eau.

Imaginez un lierre qui pousse le long d'un mur, puis gagne peu à peu la vitre de la fenêtre. Tant qu'il reste sur le bord, il ne gêne pas. S'il s'approche du centre de la vitre, il finit par gêner la vue. Le ptérygion se comporte de la même façon, en beaucoup plus lent. Il grandit en général très lentement, sur de nombreuses années, comme le précise le service de santé britannique (NHS). Il peut aussi rester stable très longtemps.

Ptérygion ou pinguécula : quelle différence ?

Les deux se ressemblent et ont la même origine. La pinguécula est une petite surélévation blanc jaunâtre, située sur le blanc de l'œil, tout près de la cornée. Elle contient des dépôts de protéines, de graisses ou de calcium, selon l'Académie américaine d'ophtalmologie (AAO). Elle ne s'étend pas sur la cornée et n'affecte pas la vision. Un ptérygion peut débuter par une pinguécula, mais la plupart des pinguéculas ne deviennent jamais des ptérygions.

Pinguécula et ptérygion : les différences en un coup d'œil
PinguéculaPtérygion
AspectPetite tache ou bosse blanc jaunâtreVoile rosé en triangle, avec de petits vaisseaux
EmplacementSur le blanc de l'œil, à côté de la cornéePart du blanc de l'œil et avance sur la cornée
Effet sur la vueAucunPossible : astigmatisme, puis vue trouble s'il approche du centre
GêneSouvent aucune ; parfois irritation, œil secRougeur, sensation de grain de sable, larmoiement
TraitementLarmes artificielles si besoin ; chirurgie en général inutileLarmes artificielles, surveillance ; opération dans certains cas
L'espace d'attente et sa banquette à Dumoncel Ophtalmologie.

Pourquoi ai-je un ptérygion ? Le rôle du soleil

La cause principale est l'exposition répétée aux rayons ultraviolets (UV) du soleil, pendant des années. Le vent, la poussière et les atmosphères sèches s'y ajoutent. À force d'agressions, la conjonctive s'épaissit, un peu comme la peau forme un cal. C'est pourquoi le ptérygion est plus fréquent dans les pays proches de l'équateur. Il touche aussi davantage les personnes qui vivent ou travaillent dehors : agriculteurs, marins, ouvriers du bâtiment, moniteurs de ski ou de surf.

On peut donc avoir un ptérygion en vivant à Paris, notamment après avoir grandi ou longtemps vécu sous un climat très ensoleillé. Le ptérygion n'est pas contagieux. Il n'est lié ni aux écrans ni à la fatigue des yeux.

Quels symptômes peut-il provoquer ?

Un petit ptérygion ne donne parfois aucun symptôme. On le remarque dans le miroir, ou un proche vous le signale. Quand il gêne, les signes sont ceux d'un œil irrité :

  • Un œil rouge, surtout du côté du nez, par poussées. La rougeur augmente avec le soleil, le vent, la climatisation ou la fatigue.
  • Une sensation de grain de sable ou de corps étranger.
  • Un œil sec, qui brûle, démange ou larmoie.
  • Une vue qui se modifie. En tirant sur la cornée, le ptérygion la déforme et crée un astigmatisme (vue déformée, de près comme de loin). Vos lunettes semblent alors moins bien adaptées.
  • Une vue trouble, s'il s'approche du centre de la cornée, devant la pupille.
  • Une gêne esthétique, souvent la première raison de consulter.

Comment le diagnostic est-il posé, et comment le surveille-t-on ?

Le diagnostic se fait à l'examen, à la lampe à fente (le microscope de l'ophtalmologue). Aucune prise de sang n'est nécessaire. Le médecin mesure de combien de millimètres le voile avance sur la cornée. Il vérifie votre vue et recherche un astigmatisme. Une carte du relief de la cornée (topographie) peut préciser la déformation. Des photographies servent de point de comparaison pour les contrôles suivants.

L'examen permet aussi de confirmer qu'il s'agit bien d'un ptérygion. Rarement, une autre lésion de la conjonctive peut lui ressembler, y compris une tumeur de la surface de l'œil. Un aspect inhabituel, une croissance rapide ou une lésion située ailleurs que sur les côtés de la cornée conduisent l'ophtalmologue à pousser les explorations. Par précaution, le tissu retiré lors d'une opération peut être analysé au laboratoire.

Un ptérygion petit, stable et peu gênant se surveille simplement. Le rythme des contrôles dépend de sa taille et de son évolution. Entre deux consultations, un repère simple : si le voile vous semble avoir progressé sur la partie colorée de l'œil, avancez le rendez-vous.

Quels traitements sans opération ?

Aucun collyre ne fait disparaître un ptérygion. Le traitement médical a un autre but : calmer l'irritation et la rougeur. Il suffit à beaucoup de patients.

  • Les larmes artificielles, de préférence sans conservateur, plusieurs fois par jour. Elles lissent la surface de l'œil et soulagent la sensation de grain de sable. Un gel ou une pommade lubrifiante peut être utile au coucher.
  • Un collyre anti-inflammatoire à base de corticoïde, en cure courte, lors d'une poussée très rouge et douloureuse. Il se prend uniquement sur ordonnance et sous surveillance : utilisé longtemps, il peut faire monter la pression de l'œil. L'AAO et le Manuel MSD le réservent aux traitements de courte durée.
  • La protection contre le soleil, le vent et la poussière, au quotidien.

Si vos yeux sont secs en permanence, d'autres solutions existent. Parlez-en lors de votre consultation d'ophtalmologie. Notre page sur les bouchons lacrymaux explique l'une d'elles.

Quand faut-il opérer un ptérygion ?

Beaucoup de ptérygions ne seront jamais opérés. L'opération se discute dans quatre situations :

  • Le ptérygion progresse vers le centre de la cornée et menace la vision.
  • Il crée un astigmatisme qui dégrade la vue.
  • L'irritation et la rougeur persistent malgré un traitement bien suivi.
  • Il limite les mouvements de l'œil, ce qui est rare.

Il est préférable d'opérer avant que le voile n'atteigne le centre de la cornée. À cet endroit, il peut laisser une cicatrice, et la vue peut rester imparfaite même après son retrait. À l'inverse, une gêne purement esthétique ne suffit pas toujours à justifier le geste, en raison du risque de récidive. La décision se prend avec vous, après examen.

Un cas particulier : la cataracte. Le ptérygion déforme la cornée et fausse les mesures qui servent à calculer l'implant. Il peut donc être utile de le retirer avant une chirurgie de la cataracte, puis de laisser la cornée se stabiliser.

Chez Dumoncel Ophtalmologie, cette chirurgie est réalisée par le Dr Salomé Egri, chirurgienne de la cornée et de la surface de l'œil.

Comment se déroule l'opération du ptérygion ?

Retirer le voile ne suffit pas. Si l'on laisse à nu la zone où il se trouvait, le ptérygion repousse très souvent. La technique la plus utilisée aujourd'hui consiste donc à recouvrir cette zone avec un petit fragment de votre propre conjonctive. C'est l'autogreffe de conjonctive. « Auto » signifie que le greffon vient de vous : il n'y a ni donneur ni risque de rejet.

Les étapes du geste

  1. L'œil est endormi par des gouttes, complétées par une petite injection d'anesthésique sous la conjonctive. Vous restez éveillé, sans douleur. Une anesthésie générale est possible dans certains cas.
  2. Le chirurgien décolle le ptérygion de la cornée, puis le retire avec sa base, sur le blanc de l'œil.
  3. Il prélève un fin fragment de conjonctive saine sur le même œil, en général sous la paupière supérieure. Cette zone cicatrise seule en quelques jours.
  4. Il pose ce greffon à l'emplacement du ptérygion. Il le fixe avec une colle biologique ou avec des points très fins qui se résorbent.
  5. Une lentille pansement est parfois posée pour le confort. L'œil est protégé par un pansement ou une coque.

L'intervention se déroule le plus souvent en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même. Les hôpitaux britanniques du NHS indiquent une durée d'environ 45 minutes. La technique précise (colle ou points, produit associé pour limiter la cicatrisation dans les formes récidivantes), le lieu et le type d'anesthésie vous sont expliqués par votre chirurgienne avant l'opération. Prévoyez d'être raccompagné.

Le ptérygion peut-il revenir après l'opération ?

Oui, et c'est le principal risque de cette chirurgie. Le ptérygion a une tendance naturelle à repousser. Tout l'intérêt de l'autogreffe est de réduire ce risque. Les chiffres publiés varient d'une étude à l'autre, mais ils vont tous dans le même sens.

Fréquence des récidives selon la technique, d'après les sources publiées
TechniqueRécidives rapportéesSource
Retrait simple, zone laissée à nuJusqu'à 80 % des casEyeWiki (AAO)
Retrait avec autogreffe de conjonctive5 à 10 % des casEyeWiki (AAO)
Retrait avec autogreffe de conjonctiveEnviron 5 % ou moins la première annéeHôpital de Torbay (NHS)
Autogreffe de conjonctive, 6 mois après l'opération3,3 à 16,7 % selon les essaisRevue Cochrane (10 essais, 1 021 yeux)
Greffe de membrane amniotique, 6 mois après l'opération6,4 à 42,3 % selon les essaisRevue Cochrane

La revue Cochrane conclut que l'autogreffe de conjonctive expose à moins de récidives à six mois que la greffe de membrane amniotique. La colle biologique semble, elle aussi, associée à moins de récidives que les points, d'après une méta-analyse et l'hôpital de Torbay (NHS). Les récidives surviennent presque toujours tôt : 97 % dans l'année qui suit l'opération, selon EyeWiki. Elles sont plus fréquentes chez les patients jeunes. Et l'opération d'un ptérygion qui a déjà récidivé est plus délicate, avec de moins bons résultats (hôpital de Torbay).

Vous avez un rôle à jouer. Mettez les collyres anti-inflammatoires pendant toute la durée prescrite, même si l'œil va bien. Protégez-vous du soleil. Signalez toute rougeur qui s'accentue. Venez aux contrôles : une récidive prise tôt peut parfois être freinée sans nouvelle opération.

Quelles sont les suites de l'opération ?

L'œil est douloureux le premier jour ou les deux premiers jours. La zone de cornée libérée est à vif et se referme en 24 à 48 heures. Des antidouleurs simples suffisent le plus souvent. L'œil reste ensuite rouge et sensible plusieurs semaines. C'est attendu : le greffon est rouge et gonflé au début, puis il blanchit et s'aplanit peu à peu.

Après une opération du ptérygion : repères de récupération (d'après les fiches des hôpitaux du NHS ; à adapter selon les consignes de votre chirurgienne)
MomentCe que vous pouvez constaterCe que vous pouvez faire
Jour de l'opérationPansement ou coque sur l'œil, douleur quand l'anesthésie se dissipeRentrer accompagné, se reposer, prendre les antidouleurs prescrits
Jours 1 à 2Douleur, larmoiement, gêne à la lumière : la surface de la cornée se refermeCommencer les collyres, porter des lunettes de soleil, ne pas frotter l'œil
Première semaineŒil rouge, sensation de grain de sable, vue parfois un peu floueRepos, arrêt de travail et de conduite le plus souvent ; pas de maquillage des yeux
Semaines 2 à 4La rougeur diminue ; les points, s'il y en a, se résorbent peu à peuReprise du travail selon le métier ; pas de piscine ni de baignade avant l'accord du chirurgien
Mois 1 à 3L'œil blanchit progressivement ; cicatrisation complète jusqu'à 3 moisPoursuivre les collyres anti-inflammatoires et les larmes artificielles ; visites de contrôle
Première annéePériode où surviennent presque toutes les récidivesProtection solaire systématique ; consulter si une rougeur ou un voile réapparaît

Le traitement par collyres est long. Un antibiotique est prescrit environ deux semaines. Un anti-inflammatoire à base de corticoïde est poursuivi plusieurs semaines, parfois jusqu'à trois mois, à doses décroissantes. La pression de l'œil est contrôlée pendant ce traitement. Les hôpitaux du NHS conseillent une à deux semaines d'arrêt de travail.

Les risques, honnêtement

Les complications graves sont rares. En dehors de la récidive, il peut s'agir d'une infection, d'un saignement, d'un greffon qui se déplace (d'où la consigne de ne pas frotter l'œil), d'une sécheresse oculaire durable ou d'une cicatrice sur la cornée. Très rarement, le muscle situé sous le ptérygion peut être touché, avec une vision double. Si le ptérygion avait atteint le centre de la cornée, la vue peut rester imparfaite malgré un geste réussi.

Que se passe-t-il si l'on ne fait rien ?

Souvent, rien de grave. Un ptérygion peut rester stable pendant des années, avec des poussées de rougeur de temps en temps. Il ne devient pas cancéreux. Le risque est ailleurs : s'il continue d'avancer, il déforme la cornée, puis peut recouvrir la zone située devant la pupille. La vue baisse alors. Une cicatrice peut persister sur la cornée, même après l'opération. C'est la raison d'être de la surveillance : repérer le moment où il vaut mieux intervenir.

Quand consulter ?

  • Vous remarquez un voile ou une tache sur le blanc de l'œil, et vous ne savez pas de quoi il s'agit.
  • Le voile semble avancer sur la partie colorée de l'œil.
  • Votre œil est souvent rouge et irrité malgré les larmes artificielles.
  • Votre vue a changé, ou vos lunettes ne vous conviennent plus.
  • Vous avez un ptérygion et une opération de la cataracte est prévue.
  • Vous avez déjà été opéré et une rougeur ou un voile réapparaît au même endroit.

Dumoncel Ophtalmologie vous reçoit au 28 rue Rémy Dumoncel, Paris 14e, du lundi au samedi. Prenez rendez-vous en ligne ou au 01 43 35 30 23. Si vous avez d'anciennes photographies de votre œil ou un compte rendu opératoire, apportez-les. Les informations d'accès sont sur la page contact. Le cabinet est conventionné en secteur 2 : voir honoraires et remboursement.

Vos questions

Que souhaitez-vous savoir ?

Un ptérygion est-il grave ?

Non, dans la grande majorité des cas. Le ptérygion est une lésion bénigne, qui ne devient pas cancéreuse. Il peut toutefois gêner la vue s'il avance vers le centre de la cornée. C'est pourquoi il doit être examiné, puis surveillé.

Un ptérygion peut-il disparaître tout seul ou avec des gouttes ?

Non. Les larmes artificielles et les collyres anti-inflammatoires calment la rougeur et l'irritation, mais ils ne font pas régresser le voile. Seule l'opération le retire. En revanche, un ptérygion peut rester stable très longtemps et ne jamais nécessiter de chirurgie.

L'opération du ptérygion fait-elle mal ?

Non, pas pendant le geste : l'œil est endormi par des gouttes et une petite injection. En revanche, l'œil est douloureux pendant 24 à 48 heures après l'opération, le temps que la surface de la cornée se referme. Des antidouleurs sont prescrits. Une gêne de type grain de sable peut durer une à deux semaines.

Le ptérygion peut-il revenir après avoir été opéré ?

Oui, c'est possible. Avec une autogreffe de conjonctive, les récidives sont rapportées dans environ 5 à 10 % des cas, contre jusqu'à 80 % quand la zone est laissée à nu (EyeWiki, AAO). Elles surviennent presque toujours dans la première année. Le suivi des collyres et la protection solaire réduisent ce risque.

Les lunettes de soleil sont-elles vraiment utiles ?

Oui. Les UV sont la première cause du ptérygion. Des lunettes filtrant les UV, de préférence enveloppantes, et un chapeau à large bord protègent la surface de l'œil. Ils sont conseillés pour prévenir le ptérygion, pour ralentir sa croissance et après une opération.

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Sources médicales

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation. Seul un examen permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.

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