L'essentiel
- Le chalazion est une inflammation d'une glande de la paupière, pas une infection : il n'est pas contagieux.
- Beaucoup de personnes pensent avoir un orgelet alors qu'il s'agit d'un chalazion. L'orgelet, lui, est une infection de la racine d'un cil.
- Le premier traitement se fait à la maison : chaleur, massages et hygiène des paupières, plusieurs fois par jour, pendant plusieurs semaines.
- Une pommade, prescrite par le médecin, calme l'inflammation quand la paupière est rouge et douloureuse.
- Quand la boule persiste et s'enkyste, elle peut être retirée par une incision sous anesthésie locale. Ce geste est réalisé au cabinet par le Dr Salomé Egri et le Dr Daphné Dedieu.
- Un chalazion qui revient toujours au même endroit doit être montré à un ophtalmologue.
Qu'est-ce qu'un chalazion, exactement ?
Chaque paupière contient de nombreuses petites glandes, alignées côte à côte. On les appelle les glandes de Meibomius. Elles fabriquent une huile très fine. Cette huile se dépose sur les larmes à chaque clignement. Elle les empêche de s'évaporer trop vite. Sans elle, l'œil se dessèche et la vue devient moins nette.
Imaginez un petit tube d'huile dont l'orifice se bouche. L'huile continue d'être produite, mais elle ne peut plus sortir. Elle s'épaissit, s'accumule et finit par irriter les tissus autour de la glande. La paupière réagit par une inflammation. Une boule se forme : c'est le chalazion. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) le décrivent comme un kyste bénin de la paupière, causé par l'inflammation d'une ou de plusieurs de ces glandes.
Le chalazion peut toucher la paupière du haut ou celle du bas. Il peut pointer vers l'extérieur, du côté de la peau, ou vers l'intérieur, du côté de l'œil. Il peut y en avoir un seul ou plusieurs en même temps. Dans le langage courant, on parle souvent de « boule sur la paupière », de « kyste de la paupière » ou de « bouton dans la paupière ».
Comment reconnaître un chalazion ?
Le chalazion évolue souvent en deux temps. Au début, la paupière peut être rouge, gonflée et sensible pendant un ou deux jours. On parle alors de chalazion inflammatoire. Puis la gêne se calme. Il reste une petite boule ferme, ronde, située dans l'épaisseur de la paupière, à distance du bord où poussent les cils. Cette boule est en général peu ou pas douloureuse.
- Une boule dans la paupière, que l'on sent rouler sous le doigt.
- Une paupière gonflée, parfois un peu tombante quand la boule est volumineuse.
- Une rougeur et une sensibilité au toucher, surtout les premiers jours.
- Un larmoiement ou une sensation de grain de sable, surtout quand le chalazion pointe vers l'intérieur de la paupière.
- Une vue légèrement trouble lorsque le chalazion est gros : il appuie sur la cornée (la vitre transparente à l'avant de l'œil) et la déforme un peu. Ce trouble disparaît avec le chalazion.
Le chalazion ne touche pas l'œil lui-même. Il ne menace pas la vue. La gêne est surtout locale et esthétique. C'est pour cela qu'il est pénible au quotidien : il se voit, il dure, et l'on ne sait pas toujours quoi faire.

Chalazion ou orgelet : quelle différence ?
C'est la confusion la plus fréquente. Le Dr Salomé Egri le dit avec ses mots : « Les gens pensent qu'ils ont des orgelets, mais ils ont des chalazions. » Les deux se ressemblent : une boule rouge sur la paupière. Pourtant, leur cause est différente, et leur traitement aussi.
L'orgelet est une infection. Une bactérie, le plus souvent un staphylocoque, infecte la racine d'un cil. Un petit bouton rouge et très douloureux apparaît sur le bord de la paupière, avec une pointe blanche ou jaune de pus, comme un furoncle. Il mûrit en quelques jours, se vide, puis guérit. Le chalazion, lui, est une inflammation sans microbe. Il est situé plus loin du bord, dans l'épaisseur de la paupière. Il est moins douloureux, souvent plus gros, et il dure plus longtemps.
| Chalazion | Orgelet | |
|---|---|---|
| Cause | Glande de Meibomius bouchée, inflammation sans infection | Infection bactérienne de la racine d'un cil |
| Emplacement | Dans l'épaisseur de la paupière, à distance du bord | Sur le bord de la paupière, au pied d'un cil |
| Douleur | Faible ou absente une fois les premiers jours passés | Vive, comme un furoncle |
| Aspect | Boule ferme et ronde, sans pus visible | Bouton rouge avec une pointe blanche ou jaune de pus |
| Durée | De quelques jours à plusieurs semaines, parfois plus | Quelques jours : il se vide puis guérit |
| Traitement | Chaleur, massages, pommade ; incision si la boule s'enkyste | Soins locaux ; antibiotique local si le médecin le juge utile |
Les deux peuvent se suivre. Un orgelet situé dans une glande de la paupière peut laisser derrière lui un chalazion. À l'inverse, un chalazion peut s'infecter dans un second temps. En cas de doute, l'examen d'un ophtalmologue tranche en quelques minutes. Pour aller plus loin, consultez notre page sur l'orgelet et ses soins.
Pourquoi ai-je un chalazion ?
On ne sait pas toujours pourquoi une glande se bouche un jour plutôt qu'un autre. En revanche, certains terrains favorisent les chalazions. Les connaître aide à éviter qu'ils reviennent.
- La blépharite (inflammation chronique du bord des paupières) : c'est le terrain le plus fréquent.
- Certaines maladies de peau, comme la rosacée ou la dermatite séborrhéique (peau rouge et grasse qui pèle).
- La sécheresse oculaire, souvent associée à des glandes de Meibomius qui fonctionnent mal.
- Le fait d'avoir déjà eu un chalazion ou un orgelet.
- Le diabète.
- Un démaquillage incomplet ou des produits de maquillage trop anciens.
Le chalazion n'est pas un signe de mauvaise hygiène. Il n'est pas lié non plus à la fatigue des yeux ni aux écrans. Si vous souffrez aussi d'yeux secs, parlez-en lors de votre consultation d'ophtalmologie : traiter la sécheresse et la blépharite réduit le risque de récidive.
Comment l'ophtalmologue fait-il le diagnostic ?
Le diagnostic repose sur l'examen. Aucune prise de sang ni aucune imagerie n'est nécessaire. L'ophtalmologue vous interroge d'abord : depuis quand la boule est-elle là, est-ce la première fois, qu'avez-vous déjà essayé ? Il examine ensuite vos paupières à la lampe à fente (un microscope qui éclaire et grossit l'œil). Il regarde la face externe de la paupière, puis la retourne doucement pour voir sa face interne. Ce geste n'est pas douloureux.
Cet examen permet de confirmer qu'il s'agit bien d'un chalazion, de voir s'il est encore inflammatoire ou déjà enkysté (enfermé dans une coque), et de vérifier l'état des autres glandes. Il permet aussi de choisir le bon traitement au bon moment : une pommade sur un chalazion enkysté ne sert plus à grand-chose, et une incision sur une paupière très enflammée n'est pas souhaitable.
Comment soigner un chalazion à la maison, pas à pas ?
Le premier traitement du chalazion, c'est vous qui le faites. Il repose sur trois gestes : la chaleur, le massage et l'hygiène des paupières. Le principe est simple. La chaleur ramollit l'huile figée dans la glande. Le massage la pousse vers la sortie. L'hygiène garde les orifices des glandes dégagés. Bien faits et répétés, ces soins suffisent à faire disparaître une grande partie des chalazions, selon les HUG.
Les soins, étape par étape
- Lavez-vous les mains avec de l'eau et du savon, avant et après chaque soin.
- Préparez la chaleur. Mouillez un gant de toilette ou une compresse propre avec de l'eau chaude. La température doit être bien chaude mais supportable : testez-la sur l'intérieur du poignet. Vous pouvez aussi utiliser un masque chauffant pour les yeux, vendu en pharmacie.
- Posez la compresse sur la paupière fermée pendant 10 à 15 minutes. Dès qu'elle tiédit, remouillez-la : c'est la chaleur continue qui est efficace.
- Massez tout de suite après, tant que la paupière est chaude. Avec un doigt propre, appuyez doucement mais fermement sur la boule et faites glisser le doigt vers le bord de la paupière, en direction des cils. Pour la paupière du haut, massez de haut en bas. Pour celle du bas, de bas en haut. Une minute suffit.
- Nettoyez le bord des paupières avec une compresse humide ou une lingette pour paupières, pour retirer les sécrétions et les petites croûtes.
- Recommencez plusieurs fois par jour. Les recommandations varient de 2 à 4 séances par jour. La régularité compte plus que la durée exacte.
- Tenez dans la durée. Poursuivez ces soins pendant plusieurs semaines, même si la boule diminue lentement.
Les durées conseillées diffèrent un peu d'une source à l'autre : 5 à 10 minutes pour le service de santé britannique (NHS), 10 à 15 minutes pour l'Académie américaine d'ophtalmologie (AAO), 15 à 20 minutes pour les HUG. Toutes disent la même chose sur le fond : de la chaleur humide, plusieurs fois par jour, suivie d'un massage.
Ce qu'il ne faut pas faire
- Ne percez pas et ne pressez pas le chalazion comme un bouton. Vous risquez de l'infecter et d'aggraver l'inflammation.
- Ne vous maquillez pas les yeux tant que la paupière est inflammatoire.
- Évitez de porter vos lentilles de contact pendant la poussée. Reprenez vos lunettes quelques jours.
- N'appliquez pas de remède maison sur la paupière (vinaigre, huiles essentielles, sachet de thé). Leur efficacité n'est pas établie et ils peuvent irriter l'œil.
- N'utilisez pas une ancienne pommade trouvée dans l'armoire à pharmacie. Certaines contiennent de la cortisone et ne s'emploient que sur avis médical.
Quelles pommades et quels traitements le médecin peut-il prescrire ?
Quand le chalazion est rouge, gonflé et douloureux, le médecin peut prescrire une pommade ophtalmique. Le Centre hospitalier national des Quinze-Vingts précise qu'il s'agit en général de l'association d'un corticoïde (anti-inflammatoire de la famille de la cortisone) et d'un antibiotique. Son rôle est de calmer l'inflammation. Elle s'applique sur la paupière et dans l'œil, pendant une durée courte fixée par l'ordonnance.
Cette pommade ne se prend jamais sans avis médical. La cortisone dans l'œil n'est pas anodine : utilisée trop longtemps, elle peut notamment faire monter la pression de l'œil. C'est pourquoi la durée est limitée et pourquoi le traitement ne doit pas être renouvelé de vous-même. Si l'inflammation persiste, le médecin peut décider de le reconduire. Les Quinze-Vingts le rappellent : ce n'est pas un échec, mais une résistance au traitement.
Les antibiotiques, en pommade ou par la bouche, ne sont utiles que si le chalazion s'est infecté. Ils ne font pas fondre la boule. Enfin, il existe une autre technique : l'injection d'un corticoïde directement dans le chalazion. Elle est décrite par l'AAO pour les chalazions très gonflés. Elle peut laisser une tache claire sur la peau, surtout sur les peaux foncées. Votre ophtalmologue vous dira si elle a un intérêt dans votre cas.
La pommade ne remplace pas les soins. Elle les accompagne. Continuez la chaleur et les massages pendant toute la durée du traitement, et après.
Chalazion qui ne part pas : quand faut-il l'enlever ?
La plupart des chalazions disparaissent seuls ou avec les soins. Le délai est variable : de quelques jours à deux mois selon les HUG, de deux à huit semaines selon le Manuel MSD. Mais certains persistent. L'inflammation s'éteint, et le contenu de la glande reste enfermé dans une coque. On dit que le chalazion est enkysté. La boule est alors dure, bien limitée, indolore, et elle ne bouge plus malgré les soins.
À ce stade, ni la chaleur ni les pommades ne peuvent vider la coque. Le traitement est alors un petit geste chirurgical : l'incision du chalazion. Les HUG l'envisagent lorsque les traitements médicaux n'ont pas donné de résultat après deux mois environ. Le geste peut aussi être proposé plus tôt si le chalazion est volumineux, s'il trouble la vue en appuyant sur l'œil, ou s'il vous gêne beaucoup.
Chez Dumoncel Ophtalmologie, l'incision du chalazion est réalisée au cabinet par le Dr Salomé Egri et le Dr Daphné Dedieu. La décision se prend toujours après un examen. Si vous venez avec un chalazion ancien, apportez si possible les ordonnances des traitements déjà essayés.
Comment se déroule l'incision d'un chalazion sous anesthésie locale ?
L'incision du chalazion, souvent appelée « opération du chalazion », est un geste court. Elle se fait sous anesthésie locale : seule la paupière est endormie, vous restez éveillé. Vous rentrez chez vous juste après. Voici comment elle se déroule habituellement.
Avant le geste
Signalez à l'ophtalmologue vos traitements en cours, en particulier les médicaments qui fluidifient le sang, vos allergies (à l'iode, aux anesthésiques locaux, à un antibiotique) et toute infection récente. Venez sans maquillage et sans lentilles de contact. Prévoyez si possible d'être raccompagné : vous repartirez avec un pansement sur l'œil.
Pendant le geste
- Vous êtes installé allongé sur le dos. La paupière est désinfectée.
- L'ophtalmologue endort la paupière par une petite injection d'anesthésique à côté du chalazion. C'est le seul moment sensible : la piqûre pique et brûle quelques secondes.
- Une petite pince est posée sur la paupière. Elle la maintient retournée, protège l'œil et limite le saignement.
- Le médecin fait une petite incision sur la face interne de la paupière, en regard de la boule. Il vide le contenu du kyste et nettoie la coque avec une curette (petit instrument en forme de cuillère). C'est le curetage.
- Le plus souvent, aucun point de suture n'est nécessaire. Comme l'incision est à l'intérieur de la paupière, elle ne laisse pas de cicatrice visible sur la peau.
- Une pommade est appliquée dans l'œil, puis un pansement est posé sur la paupière fermée.
Une fois la paupière endormie, vous sentez que l'on vous touche, mais vous n'avez pas mal. Le geste lui-même ne dure que quelques minutes. Les HUG indiquent une durée totale de moins de 30 minutes, installation comprise. Dans certains cas, quand le chalazion pointe nettement vers la peau, l'incision peut être faite par l'extérieur. Votre ophtalmologue vous l'explique avant de commencer.
Les suites : ce qui est normal
Le pansement se garde en général au moins quatre heures. Il comprime la paupière et limite le gonflement. Quand l'anesthésie se dissipe, la paupière peut être sensible, avec parfois des élancements pendant quelques heures. Un antidouleur simple suffit le plus souvent. Un bleu et un gonflement de la paupière sont fréquents les premiers jours. Des larmes teintées de sang sont possibles pendant un à deux jours. Tout cela est attendu. La cicatrisation prend environ deux semaines. Une pommade antibiotique ou anti-inflammatoire est prescrite, en général pour une semaine environ.
| Moment | Ce que vous pouvez constater | Ce que vous pouvez faire |
|---|---|---|
| Les premières heures | Pansement sur l'œil, paupière encore endormie puis sensible | Garder le pansement au moins 4 heures, se reposer, ne pas conduire avec un œil couvert |
| Jour 1 à jour 2 | Bleu, gonflement, larmes parfois teintées de sang | Appliquer la pommade prescrite, nettoyer doucement la paupière avec une compresse propre, reprendre une activité calme |
| Première semaine | Le bleu change de couleur et s'estompe, la paupière dégonfle | Poursuivre la pommade selon l'ordonnance ; travail possible dès le lendemain pour la plupart des métiers |
| Jusqu'à 2 semaines | Cicatrisation en cours, petite induration possible à l'emplacement du chalazion | Ne pas frotter l'œil ; éviter le maquillage des yeux, les lentilles de contact, la piscine et l'eau dans l'œil |
| Après 2 semaines | Paupière le plus souvent revenue à la normale | Reprendre maquillage, lentilles et baignade ; poursuivre l'hygiène des paupières pour éviter la récidive |
Les risques, honnêtement
L'incision du chalazion est un geste simple, dont les risques sont faibles. Ils existent cependant, et vous devez les connaître. Un saignement ou un bleu important peuvent survenir, surtout sous traitement anticoagulant. Une infection de la paupière est rare et se traite par antibiotiques. Une petite déformation du bord de la paupière est possible et s'efface le plus souvent en quelques semaines. Enfin, le chalazion peut se reformer s'il n'a pas été complètement vidé, et un nouveau chalazion peut apparaître sur une autre glande. L'opération retire la boule, elle ne change pas le terrain.
Que se passe-t-il si l'on ne traite pas un chalazion ?
Rien de grave dans l'immense majorité des cas. Le chalazion est bénin. Laissé tranquille, il finit souvent par se résorber seul, en quelques semaines à quelques mois. Parfois, il s'ouvre et se vide spontanément. Mais il peut aussi s'installer durablement sous la forme d'une boule dure, qui persiste des mois, voire davantage.
Trois situations justifient de ne pas laisser traîner. Un gros chalazion de la paupière supérieure peut appuyer sur la cornée et brouiller la vue ; chez le jeune enfant, dont la vision est en plein développement, ce point mérite une surveillance. Un chalazion peut s'infecter : la paupière devient alors rouge, chaude et très douloureuse. Enfin, une boule qui persiste ou qui revient toujours au même endroit doit être examinée, pour vérifier qu'il s'agit bien d'un chalazion.
Pourquoi mon chalazion revient-il, et quand faut-il s'inquiéter ?
Certaines personnes font un chalazion une fois dans leur vie. D'autres en font plusieurs par an. La différence tient au terrain : des glandes de Meibomius qui produisent une huile trop épaisse, une blépharite, une rosacée, des yeux secs. Tant que ce terrain n'est pas pris en charge, d'autres glandes peuvent se boucher à leur tour.
La prévention repose sur les mêmes gestes que le traitement, en version d'entretien. Les Quinze-Vingts le formulent sans détour : si les massages ne deviennent pas une habitude de vie, les chalazions seront des compagnons à vie.
- Réchauffez vos paupières environ 5 minutes avec des compresses chaudes ou un masque chauffant, puis massez le bord des paupières. Faites-le régulièrement, même sans chalazion.
- Nettoyez le bord des paupières chaque jour si vous avez une blépharite.
- Démaquillez-vous soigneusement chaque soir. Renouvelez régulièrement mascara et crayons.
- Lavez-vous les mains avant de toucher vos yeux ou de manipuler vos lentilles. Si vous portez des lentilles, faites vérifier leur entretien lors d'un suivi en contactologie.
- Faites traiter une sécheresse oculaire, une rosacée ou un diabète s'ils sont en cause.
Quand s'inquiéter ?
Un chalazion qui récidive n'est pas inquiétant en soi. Un cas particulier demande de la prudence : une boule qui revient toujours exactement au même endroit, qui ne répond à aucun traitement, qui saigne, qui fait tomber les cils ou qui déforme le bord de la paupière. Très rarement, surtout chez la personne âgée, une tumeur de la paupière peut ressembler à un chalazion. Dans cette situation, l'ophtalmologue réalise un prélèvement (biopsie) ou fait analyser ce qu'il retire lors de l'incision. C'est une précaution recommandée par les HUG comme par le Manuel MSD. Elle permet de lever le doute.
Chalazion chez l'enfant : que faire ?
Le chalazion est fréquent chez l'enfant, et il revient volontiers. Il est tout aussi bénin que chez l'adulte. Il n'est pas contagieux : votre enfant peut aller à l'école ou à la crèche. La boule impressionne souvent plus les parents qu'elle ne gêne l'enfant.
Le traitement est le même : chaleur, massages, hygiène des paupières. Il demande un peu d'adaptation. Vérifiez toujours la température de la compresse sur votre propre poignet. Profitez d'un moment calme, une histoire ou un dessin animé, pour la laisser en place. Deux ou trois séances courtes et bien acceptées valent mieux qu'une longue séance refusée. Coupez les ongles court et expliquez à l'enfant de ne pas frotter ni gratter sa paupière. Une pommade peut être prescrite par le médecin si la paupière est inflammatoire.
La patience est de mise. Chez l'enfant, la plupart des chalazions finissent par disparaître avec ces soins, parfois après plusieurs semaines ou plusieurs mois. L'opération est donc moins souvent proposée que chez l'adulte. Elle est envisagée si la boule est volumineuse, persiste longtemps ou gêne la vision. Un jeune enfant ne peut pas rester immobile pour une anesthésie locale de la paupière. Selon l'Association américaine d'ophtalmologie pédiatrique (AAPOS), le geste se fait alors le plus souvent sous une courte anesthésie générale, dans un établissement adapté. Un adolescent coopérant peut, lui, être pris en charge comme un adulte.
Montrez votre enfant à un ophtalmologue si le chalazion est gros, s'il est situé sur la paupière du haut et semble gêner l'ouverture de l'œil, s'il dure plus de quelques semaines ou s'il récidive. Le Dr Daphné Dedieu reçoit les enfants à partir de 3 ans. La consultation permet aussi de vérifier la vue de l'enfant et de rechercher une blépharite, fréquente à cet âge en cas de chalazions à répétition.
Quand consulter un ophtalmologue pour un chalazion ?
Un chalazion récent, petit et peu gênant peut être soigné à la maison pendant quelques semaines. Prenez rendez-vous dans les situations suivantes.
- La boule ne diminue pas après quelques semaines de soins bien faits.
- Elle est volumineuse, elle brouille votre vue ou elle vous gêne au quotidien.
- C'est votre deuxième ou troisième chalazion, ou il revient au même endroit.
- Vous n'êtes pas sûr qu'il s'agisse d'un chalazion.
- Vous êtes diabétique ou vos défenses immunitaires sont affaiblies.
- Vous souhaitez savoir si une incision est possible.
Dumoncel Ophtalmologie vous reçoit au 28 rue Rémy Dumoncel, Paris 14e, du lundi au samedi. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne ou par téléphone au 01 43 35 30 23. Toutes les informations utiles sont sur la page contact et accès. Le cabinet est conventionné en secteur 2 : le détail figure sur la page honoraires et remboursement.
Vos questions
Que souhaitez-vous savoir ?
Un chalazion est-il contagieux ?
Non. Le chalazion est une inflammation d'une glande de la paupière, pas une infection. Il n'y a pas de microbe à transmettre. Vous pouvez travailler, et votre enfant peut aller à l'école. Lavez-vous simplement les mains avant et après les soins, comme pour tout geste près des yeux.
Un chalazion peut-il partir tout seul ?
Oui, le plus souvent. Le chalazion se résorbe en général en quelques semaines, parfois en deux mois ou plus. La chaleur et les massages, répétés chaque jour, accélèrent cette évolution. S'il ne diminue pas malgré des soins bien faits, consultez : il s'est peut-être enkysté.
L'opération du chalazion fait-elle mal ?
Non, le geste lui-même n'est pas douloureux. Seule la piqûre d'anesthésie dans la paupière est désagréable, pendant quelques secondes. Ensuite, vous sentez que l'on vous touche, sans douleur. La paupière peut être sensible quelques heures après ; un antidouleur simple suffit le plus souvent.
L'incision d'un chalazion laisse-t-elle une cicatrice ?
Non, dans la grande majorité des cas. L'incision est faite sur la face interne de la paupière, du côté de l'œil. Elle ne se voit donc pas sur la peau et ne nécessite le plus souvent aucun point. Si une incision par la peau est nécessaire, votre ophtalmologue vous l'explique avant le geste.
Un chalazion peut-il revenir après avoir été enlevé ?
Oui, c'est possible. L'incision retire la boule, mais elle ne modifie pas le fonctionnement des autres glandes. Un nouveau chalazion peut donc apparaître ailleurs, plus rarement au même endroit. Des soins réguliers des paupières, chaleur et massages, réduisent ce risque. Une boule qui revient toujours au même endroit doit être analysée.
Les praticiens qui vous reçoivent
Dr Salomé EgriOphtalmologue chirurgien
Dr Daphné DedieuOphtalmologue
Pour aller plus loin
- Orgelet Bouton douloureux au bord de la paupière : reconnaître un orgelet et le soigner.
- Urgences de l'œil Paupière très gonflée, œil rouge et douloureux, baisse de vue : les signes qui ne doivent pas attendre.
- Consultation d'ophtalmologie Comment se déroule l'examen des yeux et des paupières au cabinet.
- Dr Salomé Egri Ophtalmologue, elle pratique l'incision du chalazion au cabinet.
- Dr Daphné Dedieu Ophtalmologue, elle reçoit adultes et enfants dès 3 ans et prend en charge les chalazions.
- Honoraires et remboursement Secteur 2, prise en charge et remboursement des consultations et des actes.
Sources médicales
- Assurance Maladie (ameli.fr) : Reconnaître un orgelet (et le distinguer du chalazion)
- Assurance Maladie (ameli.fr) : Orgelet : la consultation et le traitement
- Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) : Le chalazion et ses traitements
- HUG : Les traitements du chalazion
- HUG : L'intervention chirurgicale du chalazion
- HUG : Le retour à la maison après l'intervention du chalazion
- Centre hospitalier national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts : Le chalazion (fiche d'information)
- American Academy of Ophthalmology (AAO) : What are chalazia and styes?
- Manuel MSD, édition professionnelle : Chalazion et orgelet
- NHS : Stye (et chalazion)
- Moorfields Eye Hospital (NHS) : Chalazion
- Evelina London Children's Hospital (NHS) : Incision et curetage d'un chalazion chez l'enfant
- AAPOS (ophtalmologie pédiatrique) : Chalazion
Ces informations générales ne remplacent pas une consultation. Seul un examen permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.




