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DumoncelOphtalmologie

Œil sec

Bouchons lacrymaux : soulager l'œil sec

Un bouchon lacrymal, aussi appelé bouchon méatique, est un très petit dispositif que l'ophtalmologue place dans l'orifice par lequel les larmes quittent l'œil. Il freine leur évacuation. Les larmes, naturelles ou artificielles, restent ainsi plus longtemps à la surface de l'œil. Il est proposé dans la sécheresse oculaire, quand les larmes artificielles ne suffisent plus.

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Paris 14e
Goutte d'eau sur une surface de verre, métaphore éditoriale créée par IA.

Mis à jour le · Relecture médicale : Dr Salomé Egri et Dr Daphné Dedieu

L'essentiel

  • « Bouchon lacrymal » et « bouchon méatique » désignent le même dispositif : un petit bouchon placé dans le point lacrymal, à l'angle interne de la paupière.
  • Il ne fabrique pas de larmes : il garde plus longtemps sur l'œil celles que vous avez.
  • Ce n'est pas le premier traitement de l'œil sec. Les larmes artificielles et les soins des paupières passent d'abord.
  • Il existe des bouchons résorbables, qui disparaissent seuls, et des bouchons durables en silicone, que l'ophtalmologue peut retirer.
  • La pose se fait en consultation, en quelques instants, le plus souvent sans douleur. Vous reprenez vos activités aussitôt.
  • Les principaux inconvénients sont la perte du bouchon, un œil qui pleure trop et, plus rarement, une irritation ou un déplacement du bouchon.

Œil sec : de quoi parle-t-on ?

Vos larmes ne servent pas qu'à pleurer. Elles forment en permanence un film très fin à la surface de l'œil. Ce film protège et nourrit la cornée (la vitre transparente à l'avant de l'œil). Il rend aussi la vision nette. L'Académie américaine d'ophtalmologie (AAO) le décrit en trois couches : une couche de mucus qui accroche les larmes à l'œil, une couche d'eau, la plus épaisse, et une couche huileuse qui freine l'évaporation.

Selon l'Assurance Maladie, on parle de sécheresse oculaire quand les larmes sont insuffisantes, en quantité ou en qualité. Les yeux piquent, brûlent, démangent. Vous avez une impression de sable ou de corps étranger. La lumière gêne. La vue se brouille par moments, puis redevient nette en clignant. Et, paradoxe fréquent, l'œil sec peut larmoyer : irrité, il déclenche des larmes réflexes, trop liquides pour le protéger.

L'âge est la première cause, en particulier chez la femme après la ménopause. S'y ajoutent les écrans, qui font oublier de cligner, la climatisation, le tabac, le port de lentilles, certains médicaments (antidépresseurs, antihistaminiques), une inflammation du bord des paupières appelée blépharite, ou une chirurgie des yeux. Plus rarement, une maladie générale est en cause, comme le syndrome de Gougerot-Sjögren (une maladie auto-immune qui assèche les yeux et la bouche).

Quels traitements essayer avant les bouchons ?

Les bouchons ne sont pas la première étape. La Haute Autorité de santé (HAS) le rappelle : la prise en charge repose d'abord sur la correction des facteurs qui favorisent la sécheresse, puis sur les larmes artificielles, en collyre ou en gel. C'est seulement dans les cas sévères que l'obstruction des points lacrymaux peut leur être associée.

  • Agir sur l'environnement. Faites des pauses devant les écrans et pensez à cligner. Placez l'écran un peu plus bas que vos yeux. Humidifiez l'air, évitez la climatisation dirigée vers le visage et la fumée de tabac.
  • Les larmes artificielles. Elles remplacent les larmes manquantes. L'Assurance Maladie conseille les unidoses sans conservateur. Il existe des collyres fluides, des gels plus épais qui tiennent plus longtemps, et des pommades pour la nuit, qui troublent la vue un moment.
  • L'hygiène des paupières. Quand la couche huileuse des larmes est en cause, la chaleur et le massage des paupières aident les glandes à se vider. La méthode est la même que celle décrite sur notre page chalazion.
  • Revoir un traitement en cause. Si un médicament assèche vos yeux, votre médecin peut parfois l'adapter. N'arrêtez jamais un traitement de vous-même.
  • Traiter l'inflammation. Dans certaines formes, l'ophtalmologue prescrit un collyre anti-inflammatoire ou de la ciclosporine en collyre.

Ce bilan et ces premières étapes se font lors d'une consultation d'ophtalmologie. L'ophtalmologue examine vos paupières et la surface de l'œil au microscope. Il peut déposer un colorant orange, la fluorescéine, pour voir les zones sèches et mesurer le temps que met le film de larmes à se rompre. Il peut aussi mesurer la quantité de larmes avec une petite bandelette de papier posée au bord de la paupière (test de Schirmer).

L'espace d'attente et sa banquette à Dumoncel Ophtalmologie.

Qu'est-ce qu'un bouchon lacrymal ou méatique ?

Regardez le bord de votre paupière inférieure, tout près du nez. Vous y verrez un minuscule orifice : le point lacrymal, que les médecins appellent aussi méat lacrymal. Il en existe un autre sur la paupière supérieure. C'est par là que les larmes quittent l'œil. Elles passent ensuite dans un petit canal, puis dans le sac lacrymal, et finissent dans le nez. Voilà pourquoi l'on se mouche quand on pleure.

Le bouchon vient fermer cet orifice, comme la bonde d'un lavabo. Les larmes s'évacuent moins vite et restent plus longtemps sur l'œil. Les larmes artificielles aussi. « Bouchon lacrymal », « bouchon méatique », « clou méatique » : ces mots désignent le même dispositif. Le premier est celui des patients, le second celui des ophtalmologues. D'après l'AAO, un bouchon a à peu près la taille d'un grain de riz. Une fois en place, il ne se voit pas, ou à peine.

Dans quelles situations les bouchons sont-ils proposés ?

L'Assurance Maladie réserve les bouchons aux formes graves de sécheresse oculaire. Le rapport de la Société française d'ophtalmologie (SFO) sur la surface oculaire les indique surtout quand l'œil manque de larmes, que les larmes artificielles doivent être instillées très souvent, ou que les traitements habituels ne suffisent plus. C'est le cas, par exemple, de certaines sécheresses liées au syndrome de Gougerot-Sjögren.

Un point compte avant la pose : l'inflammation. Si la surface de l'œil ou le bord des paupières sont enflammés, le bouchon retient aussi des larmes chargées de substances irritantes. Le rapport de la SFO recommande donc de traiter d'abord cette inflammation. De même, une infection de l'œil ou des voies lacrymales doit être soignée avant d'envisager un bouchon.

Bouchons résorbables ou permanents : quelles différences ?

Les principaux types de bouchons lacrymaux
Bouchons résorbablesBouchons durables (dits « permanents »)
MatièreCollagène ou matière synthétique résorbableSilicone ou acrylique souple
DuréeDe quelques jours à quelques mois selon le modèle (AAO), puis ils se dissolvent seulsPrévus pour rester en place des années
À quoi servent-ils ?Tester l'effet d'une fermeture du point lacrymal, ou passer un cap temporaireTraiter une sécheresse durable, une fois le bénéfice constaté
Peut-on les retirer ?Inutile : ils disparaissentOui, par l'ophtalmologue, quand la tête du bouchon dépasse du point lacrymal

Le mot « permanent » est donc trompeur : un bouchon en silicone n'est pas définitif. Sa petite tête reste visible au microscope, au ras du point lacrymal, et l'ophtalmologue peut le retirer avec une pince. Il existe aussi des bouchons placés plus profondément, dans le canal lui-même (bouchons intracanaliculaires). Ils sont invisibles, mais plus difficiles à enlever : selon l'AAO, leur retrait peut demander un geste chirurgical.

Quand les bouchons soulagent mais ne tiennent pas, une fermeture définitive du point lacrymal par cautérisation (une petite brûlure qui le cicatrise) est une option citée par l'Assurance Maladie et l'AAO. Elle relève d'une discussion au cas par cas avec votre ophtalmologue. Le type de bouchon, sa taille et le nombre de points fermés (en bas seulement, ou en bas et en haut) sont choisis selon votre œil.

Comment se déroule la pose ?

La pose se fait en consultation, sans hospitalisation ni préparation particulière. Le service d'ophtalmologie de l'hôpital Guy's and St Thomas' (NHS, Londres) la décrit comme simple, rapide et indolore. Voici les étapes habituelles.

  1. Vous êtes installé à la lampe à fente (le microscope de consultation), menton et front appuyés, comme pour un examen habituel.
  2. Une goutte anesthésiante peut être instillée pour endormir la surface de l'œil. Elle n'est pas toujours nécessaire, précise l'AAO.
  3. L'ophtalmologue mesure le point lacrymal pour choisir la bonne taille. Un bouchon trop petit tombe ; un bouchon trop gros gêne. Il peut élargir doucement l'orifice avec un instrument fin.
  4. Le bouchon est mis en place à l'aide d'un petit applicateur. Vous sentez une pression au coin de l'œil, brève.
  5. La position est vérifiée au microscope. C'est terminé.

Vous repartez sans pansement. Selon l'AAO, vous pouvez reprendre vos activités habituelles tout de suite. Au cabinet, la pose des bouchons méatiques est réalisée par le Dr Salomé Egri.

Que se passe-t-il après la pose ?

Après la pose de bouchons lacrymaux : repères (à adapter selon les consignes de votre ophtalmologue)
MomentCe que vous pouvez ressentirCe que vous pouvez faire
Le jour mêmeUne légère gêne ou un picotement au coin interne de l'œilReprendre vos activités ; ne pas frotter le coin de l'œil
Les premiers joursLa gêne s'estompe le plus souvent ; l'œil peut être plus humideContinuer vos larmes artificielles ; noter si l'œil pleure trop
Les premières semainesUn soulagement rapide chez certains, progressif chez d'autresEspacer les larmes artificielles si votre ophtalmologue vous l'indique
À la consultation de contrôleRien de particulier, le plus souventVérification de la présence du bouchon et de l'état de la surface de l'œil
À long termeUn bouchon résorbable a disparu ; un bouchon en silicone peut tomber sans que vous le sentiezReconsulter si les symptômes de sécheresse reviennent

Deux consignes simples, tirées de la fiche d'information du Manchester Royal Eye Hospital (NHS). Évitez de vous frotter les yeux. Et nettoyez le coin interne de l'œil avec douceur, par exemple avec un coton-tige humide et propre. La même fiche précise que les larmes artificielles restent nécessaires, mais souvent moins fréquemment. N'essayez jamais de remettre ou de retirer un bouchon vous-même.

Quels sont les effets indésirables et les limites ?

La pose de bouchons est un geste léger et réversible. Elle a toutefois des inconvénients, décrits par la SFO, l'AAO et la revue Cochrane.

  • La perte du bouchon. C'est la limite la plus courante. Le bouchon glisse hors du point lacrymal, souvent sans que vous vous en aperceviez. L'Assurance Maladie le souligne : l'effet cesse quand le bouchon est expulsé. Ce n'est ni grave ni urgent. Le bouchon peut être remplacé, parfois par une autre taille ou un autre modèle.
  • Un œil qui pleure trop (épiphora). Si les larmes ne s'évacuent plus assez, elles débordent. L'ophtalmologue peut alors retirer le bouchon ou le remplacer par un autre type.
  • Une gêne au coin de l'œil : sensation de grattage ou de corps étranger. C'est l'effet le plus fréquent selon l'AAO. Il s'atténue souvent en quelques jours. Un bouchon mal ajusté, qui frotte l'œil ou la paupière, doit être changé.
  • La migration du bouchon. Le bouchon peut s'enfoncer dans le canal lacrymal. Parfois, il y entretient une irritation ou une infection du canal et doit être retiré.
  • Une irritation ou une infection des voies lacrymales, rare : coin de l'œil rouge, gonflé, douloureux, avec des sécrétions. Elle se traite par antibiotiques et, si besoin, par le retrait du bouchon. Un petit bourgeon de chair peut aussi se former autour du bouchon (granulome) ; l'ophtalmologue retire alors le bouchon.
  • Un soulagement incomplet. Le bouchon ne corrige pas la cause de la sécheresse et ne remplace pas les autres soins.

Et si les bouchons ne suffisent pas ?

Les bouchons s'ajoutent aux autres soins, ils ne les remplacent pas. Si la gêne persiste, l'ophtalmologue reprend le bilan : inflammation des paupières, qualité de la couche huileuse, traitement anti-inflammatoire. Dans les sécheresses les plus sévères, quand la surface de l'œil souffre, les lentilles sclérales sont une autre piste. Ce sont de grandes lentilles rigides qui reposent sur le blanc de l'œil et maintiennent un réservoir de liquide devant la cornée toute la journée. Le Dr Egri les adapte au cabinet : voyez notre page contactologie et lentilles de contact.

Les bouchons lacrymaux chez Dumoncel Ophtalmologie

Au cabinet, la sécheresse oculaire est prise en charge en consultation. Le Dr Daphné Dedieu et le Dr Salomé Egri en assurent le suivi : bilan, larmes artificielles, soins des paupières, traitements anti-inflammatoires. Quand des bouchons sont indiqués, la pose est réalisée par le Dr Egri.

Dumoncel Ophtalmologie vous reçoit au 28 rue Rémy Dumoncel, Paris 14e, du lundi au samedi. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne ou au 01 43 35 30 23 ; les informations d'accès figurent sur la page contact. Apportez la liste de vos collyres et de vos médicaments : elle aide à comprendre l'origine de la sécheresse. Le cabinet est conventionné en secteur 2 ; les règles de prise en charge sont expliquées sur la page honoraires et remboursement.

Vos questions

Que souhaitez-vous savoir ?

La pose d'un bouchon lacrymal fait-elle mal ?

Non, dans la plupart des cas. Vous sentez une pression brève au coin interne de l'œil. Une goutte anesthésiante peut être utilisée si besoin. Une légère gêne est possible les premiers jours, puis elle s'estompe le plus souvent.

Bouchon lacrymal et bouchon méatique, est-ce la même chose ?

Oui. Les deux expressions désignent le même petit dispositif, placé dans le point lacrymal (ou méat lacrymal) pour retenir les larmes sur l'œil. « Bouchon méatique » est le terme des ophtalmologues ; on parle aussi de « clou méatique ».

Un bouchon permanent peut-il être retiré ?

Oui. Un bouchon en silicone posé à l'entrée du point lacrymal se retire en consultation, avec une pince fine. Seuls les bouchons placés en profondeur dans le canal sont plus difficiles à enlever. Ne tentez jamais de retirer un bouchon vous-même.

Dois-je continuer mes larmes artificielles avec des bouchons ?

Oui, le plus souvent. Les bouchons gardent plus longtemps les larmes sur l'œil, y compris les larmes artificielles. Beaucoup de patients peuvent les espacer, mais rarement les arrêter. Votre ophtalmologue vous indique le rythme adapté.

Est-ce grave si je perds un bouchon ?

Non. La perte d'un bouchon est l'incident le plus courant et passe souvent inaperçue. Elle n'abîme pas l'œil et n'est pas une urgence. Si la sécheresse revient, prenez rendez-vous : le bouchon peut être remplacé, parfois par un modèle mieux ajusté.

Les praticiens qui vous reçoivent

Pour aller plus loin

  • Consultation d'ophtalmologie Le bilan de la sécheresse oculaire : examen des paupières, de la cornée et du film de larmes.
  • Contactologie et lentilles Lentilles sclérales : une solution pour les sécheresses sévères, adaptées au cabinet.
  • Chalazion Chaleur et massage des paupières : les gestes qui entretiennent la couche huileuse des larmes.
  • Dr Salomé Egri Ophtalmologue, elle réalise la pose des bouchons méatiques et adapte les lentilles sclérales.
  • Dr Daphné Dedieu Ophtalmologue, elle prend en charge la sécheresse oculaire en consultation.
  • Contact et accès Adresse, horaires et prise de rendez-vous à Paris 14e.

Sources médicales

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation. Seul un examen permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.

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