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Vision

Myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie : comprendre sa vue

La myopie, l'hypermétropie, l'astigmatisme et la presbytie sont des défauts de réfraction : l'œil ne forme pas l'image exactement sur la rétine, et la vision est floue. Ce ne sont pas des maladies de l'œil. Ils se mesurent lors d'un examen indolore et se corrigent par des lunettes, des lentilles ou, chez certains adultes, une opération.

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Paris 14e
Lunettes ambrées devant des arches de papier, composition générée par IA.

Mis à jour le · Relecture médicale : Dr Salomé Egri, Dr Fabien Rouimi et Dr Daphné Dedieu

L'essentiel

  • La myopie brouille la vision de loin. L'hypermétropie fatigue les yeux et gêne surtout de près. L'astigmatisme déforme l'image à toutes les distances. La presbytie gêne la lecture après 40 à 45 ans.
  • Ces défauts visuels peuvent s'associer chez une même personne. Ils se mesurent en dioptries (l'unité qui exprime la puissance de vos verres).
  • Une petite variation de la correction d'un examen à l'autre est normale : elle ne veut pas dire que votre vue s'abîme.
  • Chez l'enfant, la myopie augmente pendant la croissance. Le temps passé dehors aide à la prévenir, et des moyens existent pour ralentir son évolution.
  • Les corrections vont du plus simple au plus engagé : lunettes, puis lentilles de contact, puis chirurgie réfractive pour les adultes dont la vue est stable.
  • Une forte myopie demande un suivi régulier du fond de l'œil, même si vous voyez bien avec votre correction.

Comment l'œil fait-il la mise au point ?

L'œil fonctionne comme un appareil photo. Le CHU de Bordeaux utilise cette image : un objectif, un diaphragme et une pellicule. L'objectif, ce sont deux lentilles naturelles. La première est la cornée (la vitre transparente à l'avant de l'œil). La seconde est le cristallin (une lentille souple située derrière l'iris, la partie colorée de l'œil). Le diaphragme, c'est la pupille, qui s'ouvre ou se resserre selon la lumière. La pellicule, c'est la rétine (la fine membrane qui tapisse le fond de l'œil et capte les images).

Pour que la photo soit nette, l'image doit se former exactement sur la pellicule. Dans l'œil, c'est pareil. La cornée et le cristallin font converger la lumière vers la rétine. Le cristallin joue en plus le rôle d'autofocus : il se bombe pour voir de près et se relâche pour voir de loin. Ce réglage automatique s'appelle l'accommodation.

Un défaut de réfraction, c'est un appareil photo mal réglé. L'objectif et la pellicule sont en bon état, mais l'image se forme un peu trop en avant, un peu trop en arrière, ou de façon déformée. Le résultat est une vue floue. Des verres placés devant l'œil suffisent à remettre l'image au bon endroit.

Myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie : quelles différences ?

La myopie : flou de loin, net de près

L'œil myope est trop long. La Société Française d'Ophtalmologie (SFO) l'explique ainsi : les rayons lumineux convergent en avant de la rétine, et la vision de loin est floue. De près, en revanche, vous voyez bien. La myopie apparaît souvent dans l'enfance. Selon l'Assurance maladie, la myopie faible, la plus courante, reste inférieure à 6 dioptries et se stabilise en général chez l'adulte jeune. Au-delà de 6 dioptries, on parle de myopie forte.

L'hypermétropie : un œil qui force en permanence

L'œil hypermétrope est trop court. L'image se forme en arrière de la rétine. Tant que la personne est jeune, le cristallin compense en accommodant sans arrêt. La vue peut donc rester nette, mais au prix d'un effort. Cet effort finit par se payer : fatigue des yeux et maux de tête, surtout en fin de journée et lors du travail de près. Avec l'âge, la capacité de compenser diminue, et le flou s'installe, d'abord de près.

Chez l'enfant, une petite hypermétropie est normale. L'Assurance maladie parle d'une hypermétropie physiologique de 2 à 3 dioptries, qui se corrige seule avec la croissance de l'œil. Une hypermétropie forte, elle, peut provoquer un strabisme (un œil qui dévie vers l'intérieur) : elle doit être corrigée tôt.

L'astigmatisme : une image déformée à toutes les distances

Une cornée régulière est ronde comme un ballon de football. La cornée astigmate est plus bombée dans un sens que dans l'autre, un peu comme un ballon de rugby. L'hôpital des Quinze-Vingts le décrit comme un défaut de sphéricité : la cornée n'a plus un seul rayon de courbure, mais deux. Les lignes et les contours sont moins nets, de loin comme de près. Certaines lettres se confondent. L'astigmatisme accompagne souvent une myopie ou une hypermétropie.

La presbytie : l'autofocus qui fatigue avec l'âge

La presbytie n'épargne personne. Avec les années, le cristallin perd sa souplesse et n'arrive plus à faire la mise au point de près. Elle débute après 40 ans selon les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), et touche tout le monde à partir de 45 ans selon les Quinze-Vingts. Le signe typique : vous éloignez votre téléphone ou votre livre pour lire. Le CHU de Bordeaux précise que les hypermétropes la ressentent plus tôt, et les myopes plus tard, car leur myopie compense un temps la gêne de près.

Les quatre défauts visuels en un coup d'œil (sources : SFO, Assurance maladie, Quinze-Vingts, HUG, CHU de Bordeaux)
MyopieHypermétropieAstigmatismePresbytie
Ce qui se passe dans l'œilŒil trop long : l'image se forme en avant de la rétineŒil trop court : l'image se forme en arrière de la rétineCornée de courbure irrégulière : l'image est déforméeCristallin moins souple : la mise au point de près ne se fait plus
Ce que vous remarquezFlou de loin (panneaux, tableau, écran de cinéma), net de prèsFatigue des yeux, maux de tête, gêne de près puis de loin avec l'âgeContours moins nets et lettres confondues, de loin comme de prèsBesoin d'éloigner le texte et de plus de lumière pour lire
Âge habituelApparaît souvent dans l'enfance, se stabilise le plus souvent après 20 à 25 ansPrésente dès l'enfance, souvent ressentie plus tardLe plus souvent présent dès la naissanceAprès 40 à 45 ans, chez tout le monde
Verre correcteurVerre concave, noté avec un signe moinsVerre convexe, noté avec un signe plusVerre torique, noté avec un axe en degrésVerre de lecture ou verre progressif, noté « addition »
Corrections possiblesLunettes, lentilles, chirurgie réfractive chez l'adulteLunettes, lentilles, chirurgie réfractive selon les casLunettes, lentilles toriques ou rigides, chirurgie réfractive selon les casLunettes, lentilles multifocales, chirurgie de compensation selon les cas
Les mains gantées du chirurgien préparent l'œil du patient sous le laser.

Suis-je concerné ? Les signes qui doivent faire vérifier la vue

  • Vous plissez les yeux pour lire un panneau, un sous-titre ou le numéro d'un bus.
  • Vous avez mal à la tête ou les yeux fatigués en fin de journée, après l'écran ou la lecture.
  • Vous êtes gêné pour conduire la nuit.
  • Vous confondez certaines lettres ou certains chiffres.
  • Vous tendez les bras pour lire un message, ou vous cherchez plus de lumière.
  • Vous avez l'impression que vos lunettes actuelles ne suffisent plus.

Chez l'enfant, les signes sont différents, car un enfant ne se plaint presque jamais de mal voir. L'Assurance maladie invite les parents à remarquer un enfant qui se rapproche de la télévision, qui colle son livre à son visage, qui se plaint de maux de tête ou de fatigue des yeux. Une baisse des résultats scolaires ou un œil qui dévie doivent aussi alerter.

Comment l'ophtalmologue mesure-t-il votre vue ?

L'examen n'est pas douloureux. Un appareil automatique donne d'abord une première estimation de votre correction. Puis vient la partie que vous connaissez : lire des lettres de plus en plus petites, pendant que l'on essaie différents verres devant chaque œil. « Mieux avec le premier, ou avec le second ? » Vos réponses affinent le résultat. C'est ce que l'on appelle la réfraction.

Chez l'enfant et chez certains adultes jeunes, des gouttes sont instillées avant la mesure. Elles mettent l'accommodation au repos pour révéler la correction réelle, notamment une hypermétropie cachée. La vue reste ensuite trouble plusieurs heures, parfois jusqu'au lendemain selon le collyre utilisé. L'examen se poursuit par un contrôle complet de l'œil : cornée, cristallin, tension de l'œil, fond de l'œil. Le Dr Egri le résume ainsi : le cabinet prend le temps nécessaire pour réévaluer la correction, puis réalise un examen ophtalmologique complet. Le déroulé figure sur notre page consultation d'ophtalmologie.

« Ma correction a-t-elle changé ? »

C'est l'une des trois questions que les patients posent le plus souvent au Dr Salomé Egri. Sa réponse : « Il y a une petite variabilité de la correction optique d'un examen à l'autre, qui est normale. » La mesure dépend en partie de vos réponses, de votre fatigue et de l'heure de la journée. Un écart minime n'est donc pas un signe d'aggravation. Quand le changement dépasse un quart de dioptrie, le Dr Egri vous en informe, et vous repartez avec une nouvelle ordonnance pour ajuster vos lunettes.

Pour la fréquence des contrôles, elle donne ces repères : une fois par an avant 18 ans si l'enfant porte des lunettes, tous les deux ans après 40 ans, et au cas par cas entre les deux.

Myopie de l'enfant : peut-on la prévenir ou la ralentir ?

La myopie progresse dans le monde entier. Une synthèse publiée en 2020 dans la revue médecine/sciences, éditée par l'Inserm, parle d'une épidémie mondiale. Selon une étude internationale parue en 2016 dans la revue Ophthalmology, près d'une personne sur quatre était myope en 2000, et les projections annoncent une personne sur deux en 2050. Chez l'enfant, la myopie augmente parce que l'œil s'allonge pendant la croissance. Le service de santé britannique (NHS) situe son apparition entre 6 et 13 ans le plus souvent, avec une évolution possible jusqu'à la fin de la croissance de l'œil, vers 20 ans.

Deux facteurs sont établis. Le premier est l'hérédité : le risque est plus élevé quand les parents sont myopes. Le second est le mode de vie. Selon l'Assurance maladie, toutes les études suggèrent qu'augmenter le temps passé à l'extérieur est efficace pour prévenir l'apparition de la myopie. La lumière du jour semble protéger l'œil en croissance. Le conseil est donc simple, gratuit et sans risque : faire jouer les enfants dehors, chaque jour.

Les moyens de freination

Quand la myopie d'un enfant augmente vite, des moyens existent pour ralentir l'allongement de l'œil. On parle de freination. La synthèse de l'Inserm en cite quatre. L'Académie américaine d'ophtalmologie (AAO) décrit aussi le collyre et les deux types de lentilles.

  • Des verres de lunettes dits « défocalisants », conçus pour modifier la mise au point sur les bords de la rétine.
  • Des lentilles souples de jour à défocalisation périphérique, sur le même principe.
  • L'orthokératologie : une lentille rigide portée la nuit, qui remodèle en douceur la surface de la cornée. L'enfant voit net le jour, sans lunettes. Le rapport 2019 de la SFO et une revue Cochrane de 2023 concluent qu'elle peut réduire l'allongement de l'œil.
  • Un collyre d'atropine très diluée, instillé le soir, prescrit et surveillé par l'ophtalmologue.

Aucun de ces moyens n'arrête la myopie ni ne la fait disparaître. Ils visent à la ralentir, avec des résultats variables d'un enfant à l'autre. Selon l'AAO, la myopie peut repartir à la hausse à l'arrêt du collyre. Les lentilles demandent une hygiène stricte, car le port nocturne augmente le risque d'infection de la cornée. Le choix se discute donc au cas par cas, en consultation, avec l'enfant et ses parents. L'orthokératologie, que le Dr Egri adapte au cabinet pour voir net le jour sans lunettes, est présentée sur notre page contactologie et lentilles, avec son principe et ses précautions. Le Dr Daphné Dedieu reçoit les enfants à partir de 3 ans.

Comment corriger un défaut visuel : lunettes, lentilles ou chirurgie ?

Les solutions se présentent dans cet ordre : les lunettes d'abord, les lentilles ensuite, la chirurgie enfin. Aucune n'est meilleure qu'une autre dans l'absolu. La bonne correction est celle qui convient à vos yeux, à votre âge et à votre vie quotidienne.

Les lunettes : la solution la plus simple

Elles corrigent les quatre défauts, à tout âge, sans aucun risque pour l'œil. Un verre concave recule l'image de l'œil myope. Un verre convexe avance celle de l'œil hypermétrope. Un verre torique compense l'astigmatisme. Pour la presbytie, des lunettes de lecture ou des verres progressifs rendent la vision de près.

Les lentilles de contact : voir net sans monture

Tous les défauts visuels peuvent être corrigés par des lentilles, seuls ou associés. Elles offrent un champ de vision complet et sont pratiques pour le sport. Pour les fortes corrections ou les astigmatismes irréguliers, des lentilles rigides ou sur mesure donnent souvent une vision plus précise que les lunettes. Une lentille est un dispositif médical posé sur l'œil : elle exige un essai, un apprentissage et des règles d'hygiène. Le Dr Egri y revient à chaque consultation, car le principal risque des lentilles est l'infection. Tout est expliqué sur notre page contactologie et lentilles de contact.

La chirurgie réfractive : pour certains adultes

La chirurgie réfractive modifie l'optique de l'œil lui-même, le plus souvent en remodelant la cornée au laser. Elle s'adresse aux adultes dont la correction est stable et dont la cornée s'y prête, ce qu'un bilan complet vérifie. Pour la presbytie, elle ne rend pas au cristallin sa souplesse : elle propose un compromis visuel. L'Assurance maladie ne la prend pas en charge. Techniques, bilan, récupération et risques sont détaillés sur notre page chirurgie réfractive à Paris. Si vous êtes myope, la page opération de la myopie répond à la question « puis-je être opéré ? ».

Plus tard dans la vie, un dernier cas se présente. Quand une cataracte apparaît, l'implant posé pendant l'opération peut aussi corriger une partie du défaut visuel.

Que se passe-t-il si l'on ne corrige pas sa vue ?

Chez l'adulte, ne pas porter sa correction n'abîme pas l'œil. Les conséquences sont ailleurs : inconfort, fatigue, maux de tête, et surtout un risque au volant. C'est une question de sécurité autant que de confort.

Chez l'enfant, l'enjeu est plus sérieux. La vision se construit pendant les premières années de vie. Un défaut non corrigé, surtout s'il est fort ou différent entre les deux yeux, peut gêner cet apprentissage : le cerveau néglige l'œil qui voit mal. C'est l'amblyopie (un œil « paresseux »). Le NHS la cite parmi les complications d'une forte myopie chez l'enfant, avec le strabisme. Plus elle est dépistée tôt, mieux elle se prend en charge.

La myopie forte mérite une mention à part. L'œil étant plus long, sa rétine est plus étirée et plus fragile. L'Assurance maladie, l'AAO et le NHS citent un risque accru de décollement de la rétine, de glaucome et de cataracte. Des lunettes, des lentilles ou une opération corrigent le flou, mais ne changent pas la longueur de l'œil. Un fond d'œil régulier reste donc utile toute la vie, à la fréquence fixée par votre ophtalmologue.

Quand consulter un ophtalmologue ?

  • Votre vue a baissé, de loin ou de près, ou vos lunettes ne suffisent plus.
  • Vous avez des maux de tête ou une fatigue des yeux répétés.
  • Votre enfant se rapproche des écrans, plisse les yeux ou louche.
  • Votre enfant porte des lunettes : un contrôle par an est conseillé.
  • Vous avez plus de 40 ans et pas d'examen depuis deux ans.
  • Vous souhaitez passer aux lentilles ou savoir si une opération est possible.

Dumoncel Ophtalmologie vous reçoit au 28 rue Rémy Dumoncel, Paris 14e, du lundi au samedi. Le Dr Salomé Egri, le Dr Fabien Rouimi et le Dr Daphné Dedieu assurent les consultations pour les troubles de la vue. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne ou par téléphone. Pensez à apporter vos lunettes et votre dernière ordonnance.

Vos questions

Que souhaitez-vous savoir ?

Peut-on être myope et astigmate à la fois ?

Oui. L'astigmatisme s'associe très souvent à une myopie ou à une hypermétropie. La longueur de l'œil et la forme de la cornée sont deux choses indépendantes. Un seul verre, ou une seule lentille, corrige les deux défauts en même temps. Après 45 ans, la presbytie s'y ajoute.

Porter ses lunettes tout le temps rend-il les yeux paresseux ?

Non. Les lunettes replacent l'image sur la rétine : elles n'affaiblissent pas l'œil et n'aggravent pas le défaut. Si votre correction évolue, c'est l'œil qui change, avec la croissance ou avec l'âge. Chez l'enfant, porter sa correction est même indispensable au bon développement de la vision.

La myopie peut-elle disparaître avec l'âge ?

Non. La myopie est liée à la longueur de l'œil, qui ne diminue pas. Elle se stabilise le plus souvent après 20 à 25 ans. Après 45 ans, une personne myope lit parfois plus facilement en retirant ses lunettes : sa myopie compense la presbytie de près, mais elle n'a pas disparu.

Jouer dehors protège-t-il vraiment les enfants de la myopie ?

Oui, c'est le facteur protecteur le mieux établi. Selon l'Assurance maladie, toutes les études suggèrent qu'augmenter le temps passé à l'extérieur aide à prévenir l'apparition de la myopie. L'Académie américaine d'ophtalmologie donne le même conseil. Cela ne remplace pas un contrôle de la vue si votre enfant plisse les yeux.

Est-il normal que ma correction change un peu à chaque examen ?

Oui. Le Dr Salomé Egri le rappelle : une petite variabilité de la correction d'un examen à l'autre est normale. La mesure dépend en partie de vos réponses et de votre fatigue. Un changement de plus d'un quart de dioptrie justifie d'ajuster les lunettes ; vous en êtes alors informé.

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Sources médicales

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation. Seul un examen permet de poser un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation.

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